Association pour le Rayonnement de l'Abbaye de Preuilly
Membre de la Charte européenne des Abbayes et sites cisterciens
Le Scriptorium

     

      Le scriptorium de Preuilly
           Chantal Fouché Husson, Directrice du Cerap
           arap@preuilly.eu

 

 






Dans toutes les abbayes cisterciennes, une pièce était affectée au travail des moines-copistes : le scriptorium.

Dans l’aile sud du cloître, elle était ouverte sur « le chauffoir », seul espace doté d’une cheminée où les moines entreposaient leurs encres pour les protéger du gel.

Ils y recopiaient des manuscrits, ceux qu’ils possédaient, afin de les donner à d’autres, notamment à ceux de leurs frères qui partaient fonder une nouvelle abbaye, emportant avec eux les quelques manuscrits indispensables à la prière quotidienne de la nouvelle communauté : psautier, hymnaire, antiphonaire, graduel, évangéliaire, épitres, martyrologe, etc. ainsi que la Règle de Saint Benoît, selon l’article IX de la législation cistercienne.

Ils recopiaient aussi des manuscrits qu’on leur avait prêtés et qui, peu à peu, constituaient de riches  bibliothèques d’ouvrages divers,  théologiques, mais aussi  scientifiques, historiques et philosophiques. Selon l’inventaire dressé le 4 mai 1790, celle de Preuilly comptait 2 826 volumes.

En souvenir de ces moines-copistes, le CERAP s’est plu à ouvrir « le scriptorium de Preuilly » chargé d’examiner les sources que nous rassemblons peu à peu.


Un premier groupe de volontaires s’emploie à déchiffrer les chartes anciennes conservées dans les fonds des archives, qu’elles soient départementales (Seine et  Marne, Yonne, Haute Marne) ou municipales  (Provins, Montereau, Fontainebleau … ). En les recopiant de manière lisible pour un lecteur du XXIe siècle, ils préparent le travail des chercheurs qui auront à donner du sens à ces renseignements disparates.

Un autre groupe se consacre à la quête des documents relatifs aux 45 Pères Abbés qui se sont succédé à Preuilly de 1118 à 1789. Les éléments biographiques qu’ils auront relevés devraient éclairer les circonstances de l’action de chacun d’eux.


Les fruits de ce travail de base sont régulièrement intégrés dans la chronologie des abbatiats où se dessinent peu à peu les étapes de la vie de l’abbaye.  

Ainsi chaque « copiste » du « scriptorium de Preuilly » apporte une petite pierre à l’édifice.

Comme firent jadis les bâtisseurs, morts, pour la plupart, avant que l'oeuvre soit achevée sans avoir jamais perdu courage, ils reproduisent dans leur labeur appliqué, le rythme et la générosité des gens du Moyen Âge !

La grosse différence pour les bâtisseurs d’aujourd’hui, c'est qu’ils peuvent espérer voir de leurs propres yeux l'oeuvre, sinon tout à fait achevée, du moins suffisamment élaborée  pour que l'achèvement en soit aisé...


C’est ainsi qu’ils participent à la construction d’une œuvre immatérielle, tels les moines des abbayes d’antan.