Association pour le Rayonnement de l'Abbaye de Preuilly
Membre de la Charte européenne des Abbayes et sites cisterciens
2011-2014 Enquêtes archéologiques
2014 - Chantier-école à Preuilly du 25 octobre au 4 novembre

Un temps de Toussaint ?


    

    

     

    


    



2013 - Chantier-école à Preuilly du 26 octobre au 4 novembre

© Photos Marie-Ange Husson

Jeunes étudiants de l'université de Picardie et de l'université de Champagne, ils ont passé les "vacances" de Toussaint à Preuilly,
toujours sous la direction de François Blary et de Richard Jonvel qui complètent et affinent patiemment leur relevé du
domaine cistercien de Preuilly... cette nouvelle campagne de recherche archéologique a apporté son lot de (bonnes) surprises
...

  

François Blary, Dr Yves Husson, Chantal Fouché-Husson                    Les archéologues au travail.... Si ! Si !





2011

 Enquêtes archéologiques de printemps

C'est le printemps pour nous ! même si le calendrier dit nous sommes en février. C'est le printemps que l'on attendait pour l'ARAP. Nos idées, nos envies, se concrétisent, une équipe universitaire est arrivée d'Amiens !
François Blary, Maître de conférence à l'Université de Picardie, qui avait fait part de son intérêt pour le site en 2009 tient parole. Une enquête archéologique pluridisciplinaire débute et va se prolonger tout au long de 2011.

 

  

 

  

 


 

Mission archéologique d'été  - 11-16 juillet 2011


Les intervenants :

François Blary chef de la mission et Richard Jonvel, de l’Université de Picardie qui ont poursuivi leur travail de relevés topographiques sur la Grange des Beauvais.
Jean Pierre Gély,  géologue, chercheur associé au Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (Lamop UMR 8589), Paris I Panthéon-Sorbonne - CNRS, spécialiste dans l’identification de la nature des pierres et de leurs carrières.
Alain Tabbagh, Professeur de géophysique et de prospection magnétique des sols, à l’Université de Paris VI Pierre et Marie Curie, est venu quelques heures préparer le chantier qu’il conduira à l’automne avec une vingtaine d’étudiants de Master.
Sur le plan scientifique  Alain Tabbagh confirme l’intérêt exceptionnel du site qui, par chance, n’a pas connu d’altération depuis une époque très ancienne ;
Sur le plan logistique il souhaite bénéficier de la Grange de l’Enclos pour entreposer le matériel de travail et tenir avec ses étudiants les réunions de synthèses qui pourraient se dérouler jusqu’à une heure avancée de la soirée.
Claude Acloque, chargée des archives des relevés topographiques,
Arnaud Ybert, spécialiste de l’examen des traces d’outils sur les parements, Université de Picardie.
Visite d’Isabelle Rambaud, directrice des Archives de Seine et Marne, accompagnée de madame Marie-Claire Coste, archéologue du Conseil Général. Sébastien Charrier,  avec un cerf volant équipé d’appareils pour photos aériennes.

  

 

Bilan provisoire de cette mission
(établi par les profanes que nous sommes)

Pour faciliter la compréhension des progrès obtenus nous avons décidé d’identifier les différents espaces des Beauvais en leur donnant des noms.
Du Nord au Sud : La laiterie, l’écurie, la bergerie, le cellier aux deux piliers, la salle à la colonne de grès et la salle aux deux colonnes.

Il est clair que le mérite de cette mission réside dans la pluridisciplinarité de l’équipe. Cela permet de faire converger plusieurs regards différents sur une même réalité afin de confirmer - ou d’infirmer - les intuitions et les observations  de chacun. Un exemple nous aidera à mesurer l’intérêt de cette démarche : le cellier aux deux piliers.
- François Blary signale des modifications successives dans l’édification des murs et des ouvertures qui autorise une interprétation du lieu à multiples épisodes. La datation de ces épisodes sera possible en partie par l’examen des traces d’outils qui ont servi à tailler les pierres (ce qui est du ressort d’Arnaud Ybert). Il parait évident que l’espace aux piliers a été divisé en deux et que le mur intermédiaire est une cloison tardive qui le sépare en deux pièces aujourd’hui distinctes.

- Jean Pierre Gély constate que les pierres du premier pilier sont de trois natures différentes : certaines de calcaire local, d’autres de grès, extraits dans les parages, d’autres enfin, les plus nombreuses, provenant des carrières lutéciennes. Extraites à plus de 80 kms de Preuilly, elles ont coûté cher en transport, ce sont des pierres nobles réservées aux édifices  de prestige dont l’emploi ne se justifie pas dans une grange. Comment dès lors expliquer leur présence aux Beauvais et l’édification de ces deux beaux piliers ?

On peut retenir l’hypothèse de pierres commandées pour la construction de la grande église abbatiale, dont le surplus aurait été utilisé dans le cellier à peu près à cette date. On peut aussi penser que ledit cellier a été d’abord une pièce affectée à un usage noble avant de servir de cellier, ce qui confirmerait la remarque de François Blary.

La séance de photographies aériennes par cerf volant s’est déroulée sans incident. Les quelques mille clichés devront être classés et analysés en vue d’un montage qui rendra explicite l’intérêt de ces prises de vue. D’ores et déjà on peut dire que les photos sont belles  et porteuse de sens pour la suite mais que le vent capricieux, l’arrosage régulier des sols et le tassement des prairies sous le pas des chevaux n’ont pas permis une optimisation maximale de l’opération.

Mais rien n’arrête la curiosité d’un chercheur… François et Richard ont fait là  la découverte du jour  : 5 carreaux de pavement du XIIème siècle,  une fleur de lys, un quart de marguerite, une rosace, un carreau glaçuré et… un lévrier bondissant !

 

 

Mission du 31 octobre au 4 novembre 2011

 

Sous la direction d’Alain Tabbagh, Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie ( Paris VI ), Directeur du laboratoire « Sisyphe », financé par le CNRS, l’Ecole Pratique des  Hautes Etudes et l’Université Pierre et Marie Curie.

Cette mission se déroule dans le cadre d’un stage organisé pour les étudiants de Master 1,  inscrits en Sciences de la Terre, qui trouvent là une problématique idéale pour appliquer leurs  connaissances

L’intérêt est double. Il concerne les étudiants autant que Preuilly , informatif pour Preuilly,   pédagogique pour les étudiants.

·      Preuilly bénéficie gracieusement des explorations scientifiques menées par des géophysiciens de renom dont la compétence  est recherchée bien au delà de l’hexagone.

·      Preuilly accueille des chercheurs et contribue à la formation professionnelle des jeunes, ce qui répond parfaitement aux objectifs  déclarés du CERAP, activité majeure de l’ARAP.

Lundi 31 octobre   À 10 h00 :  les 12 étudiants  sont répartis en  3 équipes  pilotées par leurs professeurs Fayçal  Rejiba, Pauline Kessouri, Alain  Tabbagh, qui se sont partagé l’espace à prospecter :

1 / devant la grande maison,  2/ côté Est des Beauvais,  3/ côté Ouest des Beauvais.

Un travail, dense, concentré, calme, commence aussitôt ; pendant qu’il fait jour, et jusqu’à la nuit tombée, les équipes effectuent les relevés sur le terrain: le rythme se ralentira à peine au moment des repas et le soir après le dîner, jusqu’à 23 heures passées,  ils engrangeront les résultats sur leurs ordinateurs  faisant apparaître des courbes et des images colorées accessibles aux seuls spécialistes.

Les méthodes elles mêmes sont hautement spécialisées. Alain Tabbagh nous les avaient présentées ainsi:

« Les mesures que nous nous proposons de mettre en œuvre couvrent les différentes techniques de la géophysique appliquée: la mesure de la résistivité électrique du terrain pour l'identification des substructions,  le magnétisme pour détecter d'éventuelles structures chauffées, le radar-sol pour repérer les anciens niveaux de sol (si toutefois leur recouvrement n'est pas trop riche en argile), la gravimétrie pour la détection des vides et la sismique pour la reconnaissance des structures géologiques.  Toutes ces méthodes sont 'non-invasives' et ne perturbent en rien le terrain. »

Un matériel  précieux  a été utilisé (le gravimètre vaut 90 000 euros !) : le  EM31 pour l’électromagnétisme, un autre pour la variation verticale du champ magnétique ( gradient), un autre pour la sismo-réfraction ( qui a détecté les eaux souterraines du paléo-étang à l’Ouest des Beauvais )

Jeudi, enfin, le radar, sorte d’échographie des sols, est venu apporter « la » révélation : Alain Tabbagh a pu faire apparaître la belle photo ci jointe des vestiges, enfouis à 1mètre 60, devant la grande maison, du côté Sud du cloître, aujourd’hui disparu …   

 

 

 Ces données seront longues et difficiles à interpréter. Il y faudra le concours de spécialistes en histoire médiévale. C’est à François Blary qu’il appartiendra de constituer le dossier de cette synthèse.

Il présentera à L’ARAP l’exposé oral de cette année d’archéologie lors de l’AG du 24 mars 2012.

Conclusion

Outre l’intérêt scientifique de cette enquête, retenons que le site de Preuilly est apparu comme exceptionnellement  efficace.

L’unité de lieu (hébergement, repas et travail) permet de gagner un temps considérable , d’économiser l’argent public puisqu’il n’est pas nécessaire de mobiliser un car pour de fréquents déplacements, et de concentrer sur un même sujet plusieurs chercheurs qui ont alors l’opportunité de vivre ensemble plusieurs jours ce qui favorise les échanges enrichissants.

L’unité d’action : un site unique avec un projet clairement défini par François Blary, chef de mission. Pas d’éparpillement. Les étudiants quant à eux ont pu valider par la pratique 80% des acquis de leur année universitaire.

Laissons le dernier mot à Alain Tabbagh :

« Il est particulièrement motivant pour les étudiants de traiter un cas réel et de savoir que leur travail est directement utile  parce qu’il concourt à un projet d'étude global. »